12.5.13

Le monde d'Alice de Sam Lundwall

De l'autre coté du miroir: la Terre

 
Mécanisme de l'histoire

L'étalon blanc descendit doucement du ciel. Il plana silencieusement au-dessus du vaisseau spatial dont les instruments l'observèrent soigneusement, décidèrent qu'il n'existait pas et, sans hâte, cataloguèrent ce nouveau phénomène dans les archives.
Les vaisseaux de reconnaissance étaient très intelligents, comme le sont les robots, mais ils avaient des désavantages: ils ne croyaient pas aux légendes. Pégase put continuer à voler dans l'obscurité sain et sauf...

Mon sentiment 
(Le monde d'Alice de Sam Lundwall)
Que peut-il bien se passer dans votre bibliothèque quand vous avez le dos tourné? Peut-être que Bovary drague gentillement Dorian Gray, pendant qu'Alice dessine de mous thons au petit prince, que Bella trompe Edward avec Hannibal Lecter et que Mrs Dalloway part à l'aventure avec Indiana Jones? Qui sait? C'est un peu le propos général du "Monde d'Alice"; que deviennent les héros écrits par les hommes une fois que ces derniers les ont abandonnés?
50.000 ans se sont écoulés depuis que l'homme a quitté la terre, sans un regard en arrière... a présent, l'humanité revient, pour y découvrir l'héritage qu'elle y a laissé. Je parlerais très peu de l'histoire volontairement car on la découvre et comprend assez vite, bien plus rapidement que les personnages principaux. "Le monde d'Alice" est probablement un hommage aux héros inventés et racontés, à ces héros de papier qui auront fait rire, pleurer, rêver, qui auront agacé, émus le monde des lecteurs en leur donnant une seconde vie, une certaine vision. Et en répondant à cette question; que leur arrivera-t-il lorsqu'il n'y aura plus personne pour les lire?
Le résumé m'aura attiré de par son coté surréaliste, (pour ne pas dire wtf), et le début de l'histoire partait très bien dans ce sens. L'auteur aurait pu aller plus loin, bien plus loin avec cette idée de départ, mais il semble être resté sage et ne pas vouloir perdre ses lecteurs. Peut-être n'est-ce pas plus mal, même si au final, me perdre dans un tourbillon littéraire surréaliste ne m'aurait pas déplut du tout! En somme, "Le monde d'Alice" est une curiosité livresque qui se lit agréablement, facilement, comme un conte pour enfants. A conseiller donc pour se détendre et rêver un peu.

Pièces détachées

L'écran balayait le site d’atterrissage, entre les ruines mornes et silencieuses. Le robot donna l'ordre de décoller. Le vaisseau s'éleva docilement, mais s’arrêta de nouveau. Des formes sombres se dessinèrent autour de lui. Il était seul à les percevoir. L'écran montrait toujours la plaine ouverte, entourée de ruines, mais le vaisseau, lui, enregistrait des murs de pierre qui s'élevaient rapidement autour de lui. Des falaises à pic surgirent du sol, s'élevèrent et se rejoignirent dans les airs. Elles formèrent une caverne ténébreuse et ruisselante.

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Le vaisseau n'était plus seul. Une fillette aux cheveux blonds vêtue d'une robe bleue sortit du mur de la caverne et entra dans le vaisseau. Elle s'assit dans le siège de pilotage et regarda les motifs kaléidoscopiques qui tournoyaient sur l'écran en donnant des coups de pied de plaisir. Le vaisseau ne donna aucune signe qu'il la remarquait.

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Même Héraklès fut étrangement subjugué et fronça les sourcils lorsque les yeux froids passèrent sur lui avec indifférence.
Derrière l'homme se tenait une petite fille aux cheveux blonds, dont la robe d'un bleu éclatant était la seule tache de couleur sur l'immense rive grise. Elle berçait une balle multicolore dans ses mains en regardant fixement Monteyiller de ses yeux d'un bleu profond.
Monteyiller fit un pas en avant, conscient des armes luisantes qui étaient dirigées vers lui. 
-Qu'est-ce que cela signifie, demanda-t-il sèchement. Qui êtes-vous?
- Vous pouvez m'appeler Nemo, dit l'homme.
Derrière lui, la fillette rit.

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