20.8.13

Les chroniques des crépusculaires de Mathieu Gaborit

Mécanisme de l'histoire
Le baron de Rochronde n'est plus. Et, selon la coutume, son fils Agone doit lui succéder. Mais peu enclin à suivre les traces sanguinaires de son père, celui-ci se destine à une vie d'érudit. Agone accepte néanmoins la dernière requête du défunt: passer une semaine au collège occulte du Souffre-jour, où d'éminents maitres d'armes et de magie initient aux arcanes de puissants pouvoirs. Là, il va découvrir ce que le destin lui réserve.
Alors que les adeptes du Cryptogramme'Magicien font peser de sombres menaces, l'héritier de Rochronde, armé de sa fidèle rapière Pénombre et rompu aux arts magiques, saura-t-il trouver le salut et préserver les royaumes Crépusculaires de la tourmente.

Mon sentiment 
(Les chroniques des crépusculaires de Mathieu Gaborit)
J'en ai beaucoup entendu parler comme étant un livre-à-lire-absolument-de-toute-urgence-pour-les-fans-de-fantasy. Je m'y suis donc mis, au vu des critiques dithyrambiques.
Ce livre fantasy made in France (cocorico les français, nous, on a Amélie Nothomb, ...hum) rivalise facilement avec certains grands noms du genre. Tout d'abord, il y a beaucoup d'originalités dans cette histoire, notamment la pratique de la magie à travers les Danseurs, poussé plus loin grâce aux Chorégraphes. Le Souffre-jour lui-même sort un peu des classiques académies et écoles de magie.
Ensuite, j'ai trouvé l'univers assez bien construit, même si un peu plus classique; un royaume de barons respectant une politique médiévale (serf, vassaux, ...), un autre dirigé par un empereur (tout puissant), un troisième dirigé par un dogme religieux (et donc, forcément fanatique) et un dernier (du moins pour les principaux états) principalement régis par les contraintes du commerce. Ajouté à cela un ordre d'assassins et des académies de magie ayant juré de ne pas intervenir dans les problèmes politiques (je me demandais donc à quoi pouvaient bien servir ces mages au début de l'aventure!?)
Et tout cela m'amène à Agone lui-même, et c'est là que le bat blesse, à mon sens. Difficile de faire plus stéréotypé dans le genre. Tout d'abord, Agone est atteint du syndrome "Papa-je-te-déteste-...-mais-je-t'aime-trop-en-fait. Bon, ça arrive, et amène souvent un peu de psychologie à un personnage, le rend attachant et nous permet parfois de nous identifier. Soit.
On découvrira aussi qu'il est atteint du syndrome "super-héros-de-fantasy". Ben oui, Agone, ce qu'il veut, c'est vivre sa vie d'Itinérant pacifique qui prie pour le salut du tous, mais quand le monde est en danger, ben on va se battre en reniant tout principe personnel. C'est normal en fantasy! (j'avoue, il y a tout de même un raisonnement personnel, mais j'ai l'impression qu'il était là plus pour le principe de.)
Enfin, autre syndrome, celui que j'appelle "le syndrome Harry Potter" (SHP pour les intimes). Agone, il ne sait rien, ni à la magie, ni à l'Accord, ni aux combats avec une rapière "amée". Il apprends, il s'entraine, ni arrive presque pas mais pourtant, au premier méchant pas beau qui le provoque, ben Agone il mouille son slip et déchire sa race (au méchant, surtout). Moi, j'ai trouvé ça un peu facile.  
Mais au-delà de ça, Mathieu Gaborit a une belle plume, et a su m'embarquer (après un début difficile), et même m'angoisser (être encerclé, coincé au fond d'un marais m'a terrifié; pas envie de mourir là, ni comme ça d'ailleurs!). Belle stratégie de la part d'Amrod, bien amenée par l'auteur, on voit le piège se refermer petit à petit et ce dernier fait durer le suspens. Petit coup de cœur pour Pénombre, à mon sens, le personnage le plus intéressant, et attachant aussi.
Allez, c'est vrai, si vous êtes fan d'héroic fantasy (un vrai, pas comme moi), n'hésitez plus, foncez, vous allez adorer!
Pièces détachées
Tu te prétends égoïste? Quel mal y aurait-il à décider enfin ce qui est bon pour toi?  Peu importe que tu te décides de pratiquer la magie, je me réjouis à la seule idée que tu prennes ta vie en main, que tu sembles enfin assumer le souvenir de notre père.
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Cette solitude eut finalement quelque mérite. Je noyais mes scrupules dans la lecture des vieux manuscrits qui s'entassaient sur les étagères. La nuit un silence propice à l'étude.

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